BYD devant Citroën : un basculement symbolique sur le marché européen
En mai 2024, selon les données mensuelles compilées par l’analyste Matthias Schmidt (cabinet Schmidt Automotive Research) pour le marché européen élargi (Union européenne, Royaume-Uni, Suisse, Norvège et Islande), BYD a immatriculé environ 32 380 voitures particulières neuves, quand Citroën s’est arrêté à 31 665 unités. Cet écart de ventes, limité à un seul mois mais calculé sur un périmètre européen homogène, illustre pourtant un tournant majeur pour les constructeurs automobiles du vieux continent face à la montée en puissance des marques chinoises. Pour tout acheteur français qui suit les ventes de voitures, cette bascule rend très concrète la question de la part de marché des véhicules électriques venus de Chine et de leur place dans le paysage automobile européen.
Le groupe chinois BYD, longtemps perçu comme un géant asiatique lointain, s’impose désormais comme un constructeur incontournable dans les ventes de voitures en Europe. D’après les estimations annuelles de cabinets spécialisés pour l’ensemble de l’année 2023, les constructeurs chinois ont quasiment doublé leur part de marché en Europe pour atteindre autour de 6 % des immatriculations, avec environ 50 265 véhicules pour BYD sur la zone UE + Royaume-Uni, en données cumulées. La dynamique se poursuit en 2024, avec une part de marché globale des automobiles chinoises qui a récemment dépassé les 10 % sur certains mois, toutes motorisations confondues. Dans ce contexte, l’évolution des ventes BYD et la progression de la part de marché des constructeurs chinois deviennent des indicateurs clés pour comprendre le nouvel équilibre des forces entre groupes européens établis et nouveaux entrants venus de Chine.
Les chiffres de Schmidt Automotive Research confirment aussi cette montée en puissance sur le marché européen des véhicules électriques. En avril 2024, toujours pour l’Europe élargie et sur la base des immatriculations mensuelles, BYD a déjà dépassé Tesla sur le segment des voitures électriques à batterie avec 7 231 véhicules enregistrés, soit 66 unités de plus que son rival américain. Les modèles 100 % électriques et hybrides rechargeables de la marque, notamment ses berlines compactes et ses SUV électriques destinés à l’Europe, tirent la croissance des ventes de véhicules électriques et hybrides sur le vieux continent. Pour les automobilistes français, cela se traduit par davantage de choix de voitures électriques et de véhicules hybrides, mais aussi par un paysage de constructeurs automobiles beaucoup plus concurrentiel, où les marques chinoises s’installent durablement aux côtés des acteurs historiques.
Marques chinoises, prix agressifs et enjeux pour les acheteurs français
Les marques chinoises comme BYD, Geely, Chery ou XPeng gagnent du terrain en Europe avec des voitures électriques souvent jusqu’à 10 000 euros moins chères que les modèles équivalents proposés par les constructeurs européens. Cette offensive tarifaire concerne autant la voiture électrique que certains véhicules hybrides rechargeables, ce qui bouscule directement des acteurs établis comme Renault, Volkswagen ou même Tesla sur plusieurs segments de marché. Pour un acheteur en France, le rapport qualité-prix de ces véhicules électriques chinois devient un critère central dans tout guide d’achat sérieux, au même titre que la consommation, l’autonomie réelle ou la valeur de revente.
Concrètement, un SUV électrique BYD Atto 3, proposé autour de 38 000 euros hors bonus, vient se positionner face à un Hyundai Kona Electric ou à un Peugeot e-2008 souvent facturés plusieurs milliers d’euros de plus à équipement comparable. De même, une berline BYD Seal peut se retrouver en concurrence directe avec une Tesla Model 3 ou une Volkswagen ID.7, avec des écarts de prix qui peuvent atteindre 5 000 à 8 000 euros selon les versions et les promotions. Comme le résume un concessionnaire francilien interrogé lors d’un salon local : « Les clients comparent désormais systématiquement une voiture électrique chinoise et un modèle européen avant de signer, et l’écart de prix pèse lourd dans la décision finale. »
BYD accélère particulièrement en France, avec environ 90 points de vente au début de l’année 2024 et un objectif affiché de plus de 200 concessions d’ici la fin de l’année, ce qui renforce fortement la visibilité de la marque sur le marché français des voitures électriques. Ce maillage du territoire facilite l’accès aux modèles électriques et hybrides du constructeur chinois, en multipliant les showrooms et les possibilités d’essai. En revanche, le réseau après-vente reste encore en construction, avec des interrogations sur la disponibilité des pièces détachées, les délais d’intervention et la qualité du service dans la durée. Avant de signer pour une voiture BYD ou une autre marque chinoise, il est donc pertinent de comparer l’accompagnement proposé avec celui d’un réseau plus traditionnel, en examinant par exemple la proximité des ateliers, les conditions de garantie ou les offres de financement et d’entretien.
Les droits de douane sur les véhicules électriques importés de Chine deviennent par ailleurs un enjeu politique et économique majeur, car ils peuvent influencer directement le prix final des voitures électriques et hybrides rechargeables pour le consommateur européen. Si l’Union européenne renforce ces droits de douane dans les prochains mois, une partie de l’avantage prix des constructeurs chinois pourrait se réduire, mais la pression concurrentielle sur les constructeurs européens resterait forte compte tenu des volumes déjà engagés et des coûts de production plus bas en Asie. Pour l’instant, la dynamique des ventes de BYD et la progression de la part de marché des marques chinoises montrent que, même avec un certain niveau de taxation, ces nouveaux acteurs continuent de gagner du terrain sur le marché européen et de peser sur les stratégies tarifaires des groupes historiques.
Conséquences pour le marché français : choix, technologie et vigilance à l’achat
Pour les conducteurs français, l’arrivée massive de véhicules électriques chinois et de voitures hybrides change concrètement l’offre disponible en concessions. On voit apparaître davantage de modèles électriques familiaux, de SUV compacts et de berlines, souvent bien équipés en technologies d’infodivertissement, en aides à la conduite avancées et en systèmes de connectivité, ce qui séduit un public jeune et connecté mais aussi des ménages à la recherche d’un véhicule principal moderne. Les ventes de voitures électriques et hybrides rechargeables progressent ainsi plus vite que la moyenne du marché, tirées par ces nouveaux constructeurs chinois qui misent sur un équipement généreux et des prix agressifs pour s’imposer face aux marques européennes.
Ce basculement ne concerne pas seulement BYD, même si le groupe reste la figure de proue de ce mouvement sur le marché européen des véhicules électriques. D’autres marques chinoises affichent des progressions spectaculaires sur douze mois glissants, comme Leapmotor avec plus de 400 % de croissance, Chery au-delà de 200 % et XPeng en forte hausse, ce qui renforce la présence des automobiles chinoises dans de nombreux pays d’Europe occidentale. Pour suivre ces évolutions et évaluer la fiabilité des modèles, les automobilistes peuvent s’appuyer sur des essais indépendants, des retours d’expérience d’utilisateurs ou des outils de diagnostic avancés, qui permettent de contrôler l’état des systèmes électroniques, de la batterie de traction ou des organes de sécurité avant l’achat d’un véhicule d’occasion.
Face à cette nouvelle donne, les acheteurs doivent rester attentifs à plusieurs points concrets, au-delà du simple prix affiché sur une voiture électrique ou un véhicule hybride. Il faut vérifier la durée et l’étendue de la garantie, la densité du réseau de réparateurs agréés, la disponibilité des pièces et la valeur de revente probable, surtout pour des modèles encore récents sur le marché français et dont l’image de marque reste en construction. Pour les familles qui envisagent un véhicule principal ou un second véhicule, il reste essentiel de penser sécurité et usage quotidien, en s’informant sur les équipements pour enfants, la compatibilité avec les sièges auto, la présence d’ancrages Isofix ou encore les résultats aux tests de choc, afin d’intégrer la voiture dans un ensemble cohérent de choix pratiques et de limiter les mauvaises surprises à long terme. Comme le confiait récemment un acheteur ayant opté pour un SUV électrique chinois : « Le prix était imbattable, mais j’ai vraiment pris le temps de vérifier la garantie batterie, les délais de réparation et les notes de sécurité avant de me décider. »